Le cannabidiol (CBD) : tout savoir sur cette molécule de chanvre aux multiples usages

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Le cannabidiol, plus connu sous son sigle CBD, est une molécule issue du chanvre (Cannabis sativa). Contrairement au THC, son cousin psychoactif du cannabis, le CBD n’est pas un stupéfiant et n’entraîne pas de dépendance. Plébiscité pour ses effets relaxants et ses potentiels bienfaits pour la santé, le CBD a conquis un large public tout en soulevant de nombreuses questions. Découvrez sa définition, son fonctionnement, ses usages, sa législation et les chiffres-clés à connaître sur le sujet.

Qu’est-ce que le cannabidiol (CBD) ?

Le cannabidiol, ou CBD, est un composé chimique naturel de la famille des cannabinoïdes. Il est présent naturellement dans le chanvre, une variété de cannabis cultivée pour ses usages industriels ou bien-être. La plante de cannabis contient plus d’une centaine de cannabinoïdes différents, dont les deux plus connus sont le THC (tétrahydrocannabinol) et le CBD. Le CBD a été isolé pour la première fois dans les années 1940, et il représente l’un des cannabinoïdes majoritaires du chanvre.

Sur le plan chimique, le CBD est un phytocannabinoïde (cannabinoïde végétal) non psychotrope. Cela signifie qu’il n’altère pas l’état de conscience de manière euphorisante, à la différence du THC. Le CBD agit toutefois sur certains récepteurs du cerveau, il est donc considéré comme psychoactif au sens large (il modifie l’activité du système nerveux) mais sans provoquer d’ivresse ni d’addiction .

CBD vs. THC : quelles différences ?

Le THC et le CBD sont souvent comparés car ce sont deux cannabinoïdes présents dans le cannabis, mais leurs effets divergent totalement. Le THC est la molécule responsable des effets planants du cannabis (“high”). Il est classé comme une substance stupéfiante en France : il provoque une dépendance et des effets psychotropes notables (euphorie, perception altérée) et sa consommation est interdite . Le CBD, au contraire, n’est pas considéré comme un stupéfiant. Il n’a pas d’effet enivrants à court terme et n’entraîne pas de phénomène de manque à l’arrêt .

En résumé : le THC fait planer et est illégal, tandis que le CBD fait l’objet d’une consommation licite pour ses effets relaxants sans effets euphorisants. Les deux molécules coexistent dans la plante, mais les produits à base de CBD vendus légalement sont extraits de variétés de chanvre très pauvres en THC (moins de 0,3 %).

Comment le CBD agit-il sur l’organisme ?

Le CBD interagit avec le système endocannabinoïde du corps humain, un réseau de récepteurs présents dans le cerveau, les organes et le système immunitaire. Bien que le CBD ne se fixe pas directement sur les récepteurs CB1 et CB2 (contrairement au THC), il influence indirectement leur activité. Par ailleurs, le CBD peut se lier à d’autres récepteurs, notamment le récepteur de la sérotonine 5-HT1A, ce qui pourrait expliquer son effet anxiolytique et apaisant .

Concrètement, après avoir consommé du CBD, de nombreux utilisateurs rapportent une sensation de détente, une réduction du stress ou de l’anxiété, et parfois une diminution de certaines douleurs. Ces effets sont en cours d’étude scientifique : par exemple, des recherches suggèrent un potentiel anti-inflammatoire et analgésique du CBD en modulant la réponse immunitaire, mais cela reste à confirmer sur l’humain.

Il est important de noter que les effets du CBD sont dose-dépendants et peuvent varier selon les individus. Un faible dosage peut être simplement relaxant, tandis qu’un dosage élevé pourrait entraîner de la somnolence. De plus, la forme de consommation joue un rôle : inhaler du CBD (vaporette) produit un effet plus rapide mais de courte durée, alors qu’une capsule ingérée aura un effet plus tardif mais prolongé.

Quels sont les bienfaits et usages potentiels du CBD ?

Le cannabidiol est utilisé pour de nombreux usages bien-être et fait l’objet d’essais pour des usages thérapeutiques précis. Il convient de distinguer les deux :

Usages thérapeutiques avérés (médicaux)

Actuellement, les applications médicales du CBD sont encore limitées et très encadrées. En France, un seul médicament à base de CBD a obtenu une autorisation de mise sur le marché : Epidyolex®. Réservé à un usage hospitalier, ce traitement est prescrIT dans les formes graves d’épilepsie chez l’enfant (syndromes de Lennox-Gastaut et de Dravet), en association avec d’autres anticonvulsivants . Les essais cliniques ont montré que l’ajout de CBD pouvait réduire la fréquence des crises chez certains patients pharmaco-résistants.

En dehors de ce cadre très spécifique, le CBD est étudié comme un complément thérapeutique potentiel dans d’autres domaines : troubles anxieux, schizophrénie, douleurs neuropathiques, maladie de Parkinson, etc. Par exemple, des recherches préliminaires suggèrent que le CBD pourrait aider à réduire l’anxiété chez des patients souffrant de trouble panique ou de stress post-traumatique, ou encore qu’il pourrait avoir un effet bénéfique dans certaines addictions (diminution de l’envie de consommer des opiacés ou du cannabis). Toutefois, ces pistes doivent encore être validées par des études cliniques de grande ampleur.

Il faut souligner que toute utilisation à visée médicale du CBD doit se faire sous supervision médicale. En France, depuis 2021, une expérimentation est en cours pour le cannabis à usage thérapeutique (incluant THC et CBD) dans certaines indications (douleurs réfractaires, soins palliatifs, spasticité due à la sclérose en plaques, épilepsie, etc.). Les résultats de cette étude pilote pourront à terme influencer l’intégration du CBD en médecine courante.

Usages bien-être et bienfaits supposés

En parallèle du cadre médical, le CBD a conquis un large public en tant que produit de bien-être. Disponible sans ordonnance, on le retrouve en huile, en gélules, en tisanes ou encore en e-liquide. Les consommateurs l’utilisent pour améliorer leur confort de vie. D’après l’Assurance Maladie, le CBD en vente libre est surtout employé comme moyen de lutter contre :

  • l’insomnie et les troubles du sommeil 
  • le stress et l’anxieté (effet relaxant recherché) 
  • les douleurs chroniques (ex : mal de dos, arthrose) 
  • les spasmes musculaires (crampes, contractions involontaires) 

À ces usages principaux s’ajoutent des applications rapportées comme l’aide au sevrage tabagique ou le soulagement de certains troubles de la peau (acné, eczéma) via des crèmes au CBD. Cependant, il est crucial de rappeler qu’aucune étude scientifique n’a, à ce jour, confirmé formellement ces bienfaits annoncés du CBD . Les effets positifs rapportés relèvent pour l’instant d’observations individuelles ou d’études sur l’animal, et non de preuves cliniques établies chez l’humain.

En conséquence, la réglementation impose que les produits au CBD ne revendiquent pas d’allégations médicales (guérir, traiter une maladie) sans autorisation spécifique . Le CBD vendu en boutique est considéré comme un complément de bien-être, non comme un médicament. Cela n’empêche pas son succès : de nombreuses personnes témoignent trouver dans le CBD une aide naturelle pour mieux dormir, être moins anxieux ou avoir moins mal, même si la science reste prudente sur ces effets.

Le CBD pour réduire les addictions ?

Un domaine d’intérêt est l’utilisation du CBD chez des personnes désirant se détacher de substances addictives. Par exemple, certaines associations de consommateurs et études exploratoires suggèrent que le CBD pourrait aider des fumeurs de cannabis à diminuer leur consommation de THC. En France, une enquête a révélé que 11 % des usagers de CBD l’ont utilisé pour tenter de remplacer ou réduire le cannabis riche en THC, avec un taux de succès d’un peu plus de la moitié  Le CBD pourrait ainsi jouer un rôle de substitut partiel en atténuant l’anxiété ou les troubles du sommeil liés au sevrage de THC – toutefois, il ne reproduit pas tous les effets du THC et ne supprime pas complètement le manque chez un gros consommateur.

De même, des chercheurs s’intéressent à l’emploi du CBD pour faciliter le sevrage d’autres substances : tabac, alcool ou opiacés. Par exemple, une étude pilotée par l’Inserm est en cours (2023) pour évaluer si le CBD peut réduire la consommation d’alcool chez des patients alcoolo-dépendants }. Bien que prometteurs, ces usages du CBD comme outil d’addictologie en sont à un stade précoce et nécessitent davantage de données avant de conclure à une efficacité réelle.

Effets secondaires et risques liés au CBD

Malgré son profil généralement considéré comme sûr, le CBD peut entraîner des effets secondaires chez certaines personnes, surtout à doses élevées ou en combinaison avec d’autres substances. Il est essentiel d’en avoir conscience pour un usage responsable.

Le CBD est-il sans danger ?

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le CBD ne présente pas de risque d’abus ou de dépendance chez l’humain, et aucun effet nocif grave n’a été mis en évidence à ce jour . Cela a conduit l’OMS, en 2017, à ne pas classer le CBD comme substance contrôlée. Ce profil rassurant explique en partie pourquoi le CBD est en vente libre.

Cependant, comme toute molécule active, le cannabidiol peut provoquer des effets indésirables modérés. Les effets secondaires les plus fréquents observés sont :

  • une somnolence et une fatigue, surtout à forte dose (d’où la recommandation d’éviter de conduire après avoir consommé du CBD) 
  • des troubles digestifs (nausées, crampes d’estomac, diarrhée) chez certaines personnes 
  • une légère perte d’appétit ou de poids, réversible à l’arrêt du produit.

Ces effets restent généralement bénins. Néanmoins, il est conseillé d’adopter une approche progressive lors de la première utilisation de CBD : commencer par une faible dose pour évaluer sa tolérance, avant d’augmenter si nécessaire. En cas d’effet indésirable gênant (somnolence intense, troubles gastro-intestinaux importants…), il convient de réduire la dose, voire de stopper la prise et d’en parler à un professionnel de santé.

Précautions d’emploi et interactions

Le CBD pouvant interagir avec le métabolisme de certains médicaments, des précautions s’imposent pour certaines personnes. Il est fortement déconseillé de consommer du CBD sans avis médical si vous :

  • prenez des traitements anti-épileptiques (ex : valproate, clobazam) : le CBD peut renforcer leur effet sédatif.
  • êtes sous immunosuppresseur à base d’évérolimus (utilisé en cancérologie) : le CBD pourrait augmenter son absorption et exposer à un surdosage ;
  • souffrez d’insuffisance hépatique : le foie métabolise le CBD, une atteinte hépatique peut modifier la façon dont le CBD est éliminé.

De manière générale, si vous suivez un traitement régulier ou que vous avez un problème de santé chronique, consultez un médecin ou un pharmacien avant d’utiliser du CBD. Ils pourront vous indiquer si une interaction médicamenteuse est connue et vous aider à ajuster le cas échéant.

Le CBD est également déconseillé aux femmes enceintes ou allaitantes, par mesure de précaution, faute d’études suffisantes sur cette population. Chez les enfants et adolescents, hormis dans le cadre médical très spécifique (par ex. Epidyolex pour l’épilepsie), l’usage de CBD n’est pas recommandé sans avis médical.

Qualité des produits et légalité : un point de vigilance

Un dernier risque à mentionner concerne la qualité du produit CBD. Le marché ayant explosé très rapidement, on trouve de tout en terme de qualité. Des analyses ont montré que certains produits mal contrôlés pouvaient contenir des taux de THC supérieurs à la limite légale, ou présenter des traces de pesticides, de métaux lourds, etc. Un CBD mal purifié contenant trop de THC peut entraîner un test de dépistage salivaire positif au THC lors d’un contrôle routier, ou un test antidopage positif chez un sportif, alors même que l’utilisateur pensait consommer un produit légal.

Pour éviter cela, il est recommandé de choisir des marques de CBD de confiance, qui publient des analyses en laboratoire indépendant de leurs produits (certificats d’analyse de la teneur en CBD/THC et de l’absence de contaminants). En France, privilégiez les circuits ayant pignon sur rue : pharmacies, parapharmacies, boutiques spécialisées sérieuses, ou sites Internet réputés. Le pharmacien peut être de bon conseil pour s’assurer de la qualité d’un produit au CBD et du bon dosage selon votre profil.

La législation du CBD : que dit la loi en France ?

La question de la légalité du CBD revient fréquemment, car issue du cannabis, cette molécule a suscité des débats juridiques. Voici ce qu’il faut retenir sur le cadre légal du CBD en France (situation 2024) :

En France, le CBD n’est pas classé comme stupéfiant. Sa vente et sa consommation sont autorisées à condition que le produit fini contienne moins de 0,3 % de THC. Ce seuil légal, relevé de 0,2 % à 0,3 % en 2021, aligne la France sur la plupart de ses voisins européens. Concrètement, cela signifie qu’on peut librement acheter des huiles, fleurs, résines, e-liquides ou gâteaux au CBD, à partir du moment où leur teneur en THC est inférieure à 0,3 %. Les cultivateurs de chanvre doivent utiliser des variétés autorisées (inscrites au catalogue officiel, ne dépassant pas ce taux).

Pendant un temps, un flou juridique subsistait quant aux fleurs de CBD (fleurs de chanvre brutes à infuser ou vaporiser). Un arrêté gouvernemental de décembre 2021 avait interdit leur vente, mais cette mesure a été suspendue puis annulée. Le 29 décembre 2022, le Conseil d’État a jugé illégale l’interdiction générale des fleurs et feuilles de CBD, dès lors que leur taux de THC est conforme (≤0,3 %) . Désormais, on peut donc acheter légalement en France des fleurs de CBD à fumer ou infuser, pourvu qu’elles respectent ce critère.

Attention, la légalité du CBD ne signifie pas l’absence totale de contrôle. Les produits au CBD ne doivent contenir aucune trace de THC supérieure à 0,3 %, sinon ils sont considérés comme stupéfiants. Les vendeurs ont l’obligation de s’assurer de la conformité de leurs produits, et les autorités peuvent réaliser des contrôles. Pour l’acheteur, en cas de test salivaire positif au THC suite à la consommation d’un produit CBD non-conforme, la législation sur les stupéfiants s’appliquerait (malgré la bonne foi du consommateur). D’où l’importance, encore une fois, de se fournir en CBD de qualité.

En marge du droit des stupéfiants, le CBD est également réglementé par le droit des denrées alimentaires lorsqu’il est ingéré. L’Union européenne considère le cannabidiol comme un « Novel Food » (nouvel aliment) depuis 2019 . Ainsi, les entreprises souhaitant incorporer du CBD dans des aliments ou compléments alimentaires doivent théoriquement obtenir une autorisation préalable de l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments). En pratique, dans l’attente de ces autorisations, une tolérance existe et on trouve déjà sur le marché des huiles CBD à usage alimentaire ou des bonbons au CBD. Mais ce point réglementaire évoluera sans doute avec le temps.

Qu’en est-il à l’étranger ? La plupart des pays européens ont légalisé le CBD dans des conditions similaires à la France (taux de THC limité). Certains pays étaient plus stricts mais se sont alignés suite à des décisions de justice européennes (par ex. la Cour de justice de l’UE a jugé en 2020 qu’un pays de l’Union ne pouvait pas interdire le CBD légalement produit dans un autre État membre). En Suisse, la limite de THC est même de 1% (plus permissif). Au Canada et dans certains États des USA, le CBD est légal ainsi que le cannabis en général (avec taxation et âge légal de vente). En revanche, dans d’autres régions du monde, le CBD peut être considéré comme un stupéfiant – il faut donc se renseigner avant de voyager avec des produits au CBD.

Sous quelles formes trouve-t-on le CBD ?

Le succès du CBD s’est traduit par une grande variété de produits disponibles sur le marché. Chacun peut choisir la forme qui lui convient le mieux en fonction de son usage préféré :

  • Huiles de CBD : des solutions huileuses (souvent à base d’huile de chanvre ou de coco MCT) contenant un extrait de CBD. Elles se présentent en flacons avec pipette compte-gouttes. L’utilisateur place quelques gouttes sous la langue (voie sublinguale) pour une absorption rapide. C’est la forme phare pour un usage général (anxiété, sommeil) car elle permet de doser progressivement.

  • Capsules et gélules : du CBD incorporé dans des capsules molles ou des comprimés. Cette forme est préférée par ceux qui cherchent la simplicité d’emploi et l’absence de goût. Le CBD ingéré met plus de temps à agir (environ 30 à 60 minutes) mais son effet dure plus longtemps que sublingual.

  • Fleurs et résines de CBD : il s’agit des sommités fleuries du chanvre, riches en CBD, qui peuvent être utilisées en infusion (tisane) ou vaporisées à l’aide d’un vaporisateur spécialisé. Certaines personnes les fument, mais cette pratique est déconseillée (fumée toxique et mélange au tabac). En infusion, on recommande d’ajouter un corps gras (lait, beurre) pour extraire le CBD car il n’est pas soluble dans l’eau seule.

  • E-liquides au CBD : liquides contenant du CBD (et généralement pas de nicotine) pour cigarettes électroniques. Ils permettent d’inhaler le CBD vaporisé, offrant un effet quasi-immédiat. Cette forme est appréciée pour calmer une anxiété ou une douleur sur le moment, mais la durée d’effet est plus courte. Il faut être vigilant au dosage pour ne pas trop en inhaler.

  • Crèmes, baumes et cosmétiques : le CBD est aussi décliné en produits à usage externe (crème pour la peau, huile de massage, baume sportif). Ils ciblent plutôt des effets locaux : soulager une articulation douloureuse, réduire une inflammation cutanée, etc. L’effet systémique (général) est très faible avec cette voie, car le CBD pénètre peu dans la circulation sanguine.

  • Aliments et boissons au CBD : bonbons, chocolats, thés, miels au CBD… Ces produits combinent plaisir gustatif et consommation de CBD. L’effet est similaire à celui des gélules (absorption digestive retardée). Ils sont à consommer de préférence en connaissant la dose de CBD par unité (par exemple, X mg de CBD par bonbon) pour maîtriser sa consommation.

Quel que soit le produit choisi, il est recommandé de commencer par une faibe quantité de CBD, puis d’augmenter progressivement jusqu’à obtenir l’effet recherché. Chaque individu réagit différemment, et la dose efficace de CBD peut varier de quelques milligrammes à plusieurs dizaines de milligrammes par jour selon les cas. Les notices des produits fournissent généralement des repères de dosage, et les vendeurs peuvent également conseiller en fonction de votre profil.

Chiffres-clés sur le CBD en France

Pour mesurer l’ampleur du phénomène CBD, rien de tel que quelques statistiques :

10 % des Français ont déjà consommé un produit au CBD, selon une enquête récente . Ce pourcentage important illustre la démocratisation rapide du CBD, qui était quasi-inconnu du grand public il y a encore une dizaine d’années.

En 2022, le marché français du CBD (hors fleurs brutes) était évalué à environ 700 millions d’euros de chiffre d’affaires. La France est d’ailleurs le premier producteur de chanvre industriel en Europe, ce qui lui donne un atout économique dans cette filière naissante.

Le CBD a généré un tel engouement que le nombre de boutiques spécialisées “CBD shop” a explosé : on en compterait plus de 400 sur le territoire français en 2023 (contre moins de 50 en 2018). De grandes enseignes et pharmacies proposent également des gammes de produits au CBD, signe que ce marché tend à se structurer.

Sur Internet, les recherches liées au CBD ont également bondi. Le mot-clé “CBD” fait partie du top des requêtes bien-être sur Google en 2022. Les questions les plus posées par les internautes français incluent « CBD effet », « CBD légal France » ou encore « CBD bienfaits réels ».

À l’échelle mondiale, le marché du CBD pourrait atteindre plusieurs dizaines de milliards de dollars d’ici 2025 selon les études de marché. Cette croissance est portée par la demande en compléments naturels de santé, l’évolution des lois et une forte innovation produit (nouvelles formes de consommation, nouvelles molécules apparentées comme le CBG, etc.).

Pour résumer

Le cannabidiol (CBD) s’est imposé en quelques années comme un produit phare du bien-être, à la croisée des chemins entre le monde du cannabis et celui de la santé naturelle. Non psychotrope et légal, il séduit un large public en quête de solutions contre le stress, la douleur ou les troubles du sommeil. Son succès commercial est indéniable et s’accompagne d’une évolution du cadre réglementaire pour encadrer sa vente.

Néanmoins, il est important de garder à l’esprit que le CBD **n’est pas un remède miracle**. Ses vertus potentiels doivent encore être confirmées par la science : pour l’instant, hormis l’épilepsie pédiatrique où son efficacité est avérée, les autres indications reposent sur des données préliminaires. Le CBD s’inscrit dans une démarche de bien-être personnel, en complément d’une hygiène de vie, mais il ne saurait se substituer à un traitement médical lorsque celui-ci est nécessaire.

En somme, le cannabidiol ouvre un nouveau chapitre passionnant entre la plante de cannabis et la santé humaine. Il illustre comment une molécule autrefois marginale peut, une fois dépourvue de son caractère psychoactif fort, trouver une place de choix dans nos routines. Informez-vous, choisissez des produits de qualité, et vous pourrez peut-être, vous aussi, tirer profit de ce que le CBD a à offrir – tout en restant attentif aux avancées de la recherche à son sujet dans les années à venir.